Montréal : bienvenue chez les québé-quoi? (15 octobre – 14 décembre 2013)

Après environ 18 000 kilomètres parcourus en 3 mois de ballade à travers 6 provinces canadiennes (et deux états américains!), nous voilà enfin arrivés aux frontières du Québec!

Enfin le Québec, tabernacle!

Enfin le Québec, tabernacle!

164 000 - 146 000 = 18 000 km parcourus youhou!!!!!!

164 000 – 146 000 = 18 000 km parcourus youhou!!!!!!

A mesure que l’on s’enfonce dans « la Belle Province », on remarque que tout prend une tournure francophone, depuis les employées du centre des visiteurs, jusqu’aux inscriptions sur les panneaux routiers (toujours aussi peu nombreux et mal indiqués…).

Et puis notre chère Van’S nous fait entrer dans Montréal. Si elle n’est pas la capitale administrative de la province (puisqu’il s’agit de Quebec City), Montréal reste le centre culturel et financier du Québec, et est semble-t-il la deuxième ville francophone au monde après Paris. Oui mais, il y a francophone et francophone tout de même, et on ne peut s’empêcher de sourire dès nos premières interactions avec les locaux (hostie de calice!)

NOS PREMIERS PAS A MONTRÉAL

Ce qui est cool avec Montréal, c’est que tu connais forcément du monde qui y habite, du coup tu te sens moins seul quand tu débarques, surtout après un tel voyage! C’est pourquoi on trouve du réconfort le temps d’une soirée chez Emma et Max, un couple d’amis français qui viennent d’arriver il y a quelques semaines en Visa Vacances Travail. En plus ce soir là, pas besoin de chercher un parking de Walmart puisque nous garons le van sur l’emplacement de leur appartement… royal!

Le jour suivant est consacré à une première exploration de la ville. On découvre ainsi le métro montréalais, très propre et aéré, quoiqu’un peu sommaire comparé à son homologue parisien :

Faudrait être sérieusement déboussolé pour s'y perdre!

Faudrait être sérieusement déboussolé pour s’y perdre!

Un tour au centre-ville nous permet de nous rendre à Services Canada afin de faire notre demande de Numéro d’Assurance Sociale sans quoi trouver un emploi est impossible ici. Mais l’heure est surtout à la recherche d’un appartement ou d’une chambre en colocation, car il commence à faire vraiment froid la nuit dans le van, et on aspire vraiment à un peu de confort : lit et douche pour commencer!

L’APPARTEMENT

Nos recherches sur les sites de petites annonces Craigslist et Kijiji sont vite payantes car nous réussissons à organiser 6 visites pour le lendemain! Après l’une de nos dernières nuits sur le parking du Walmart, on se lance dans une journée marathon, entre visites d’appartements et sessions internet pour continuer de prospecter. Les critères qu’il faut évaluer sont surtout le prix en fonction du budget qu’on s’est fixé à la base, la propreté et l’espace des lieux et parties communes, la proximité de stations de bus et métro (en prévision de la neige et des températures hivernales!), et le feeling général avec les colocataires et propriétaires.

Après avoir fait le tour des différents quartiers, on fait le point en fin de journée autour d’une bière et on tombe vite d’accord sur une chambre en colocation qui s’est avérée être le meilleur rapport qualité/prix. Rendez-vous est pris directement avec l’agence pour la signature dès le lendemain!

Après une dernière nuit sur le parking du Walmart, on rencontre Sameh, Française en PVT également, à l’agence pour signer le bail. Il faut encore attendre 17h pour emménager et faire la connaissance de nos nouveaux colocs : Marc, étudiant allemand, et Frank, étudiant ivoirien. On ressent un immense plaisir à poser enfin nos valises sous un toit chauffé avec salle de bain en libre accès!

Notre nouveau petit nid, sur la rue adam dans le quartier Hochelaga Maisonneuve (la fenêtre de droite au rez-de-chaussée derrière l'escalier :)

Notre nouveau petit nid, sur la rue adam dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve (la fenêtre de droite au rez-de-chaussée derrière l’escalier 🙂

LA JOB

Même si le loyer de notre nouveau « chez-nous » n’est pas très élevé (moins de 500$ par mois tout compris), il faut quand même se mettre en quête d’un boulot pour pouvoir l’honorer et renflouer nos portes monnaies qui ont sérieusement trinqué à cause du roadtrip! Du coup, on retourne sur Craigslist et Kijiji pour dénicher une job (eh oui, c’est féminin à Montréal!) intéressante et axée sur le développement durable.

On envoie quelques CVs par internet, mais on prend surtout des adresses de restaurants et épiceries, qu’on va ensuite démarcher en fin de semaine : EcollegeyClub OrganicRachelle Bery, … On finit notre tournée en fin de journée à la Panthère Verte, restaurant biologique et végétalien, où nous rencontrons Dave le manager RH, qui nous propose de commencer dès le lundi suivant… bingo c’est signé! Enfin, pas vraiment, puisqu’on n’aura jamais rien signé physiquement, mais seulement validé en ligne une « charte » d’engagement. Fastoche!

Les nouvelles panthères!

Les nouvelles panthères!

La Panthère Verte est un concept développé par un jeune entrepreneur d’origine israélienne qui a souhaité faire profiter aux Montréalais de la recette secrète des falafels vegan que lui a légué sa grand-mère. C’est ainsi qu’il est reconnu depuis 4 ans comme le meilleur falafel de Montréal, ce qui lui a permis d’ouvrir trois restaurants. Gertrude travaille pour celui de l’avenue du Mont Royal, tandis que Benji exerce dans le restaurant de la rue Saint-Viateur.

Dans le restau, on est polyvalent : ça va de la préparation des sandwiches, soupes, salades, jus frais et smoothies, à l’encaissement des clients. L’équipe est jeune et dynamique, la bouffe est saine et délicieuse (on a toujours plein de trucs à rapporter à la maison!) et la rémunération n’est pas trop mauvaise, surtout avec les pourboires qui nous permettent d’arrondir les fins de mois… un bon compromis pour commencer!

LE REMISAGE DE VAN’S

Avoir un van au Canada, c’est bien pratique l’été pour voir du pays. Seulement voilà, dès que l’hiver s’installe, ça devient vite un handicap, à plusieurs niveaux! Pour commencer, quand tu arrives au Québec avec un véhicule acheté dans toute autre province ou pays, et que tu as besoin de le faire réassurer, tu dois suivre un parcours du combattant de fou, qui débute par une inspection mécanique obligatoire. Là, le mécano te déclare qu’il y en a pour plus de 1 400 dollars de réparation avant de pouvoir faire immatriculer ton bolide! Bon toi, t’es plutôt futé (même si tu commences à pleurer!), tu arrives à t’arranger avec un petit garagiste indépendant du quartier qui te répare le tout pour la moitié du prix indiqué 🙂

Une fois l’inspection passée, tu dois débourser quelques centaines de dollars supplémentaires pour faire immatriculer ton van auprès de la SAAQ. Ça y est : tu as ta belle plaque québécoise, mais il faut aussi l’assurance qui va avec. Donc tu demandes des « soumissions » (des devis à la québécoise!) à différentes compagnies d’assurance, qui te disent parfois que ce n’est pas possible car tu n’es pas résident permanent, ou parce que tu ne vas rester assez longtemps chez eux. Bref, au final tu arrives à trouver une compagnie sympa qui te propose une soumission à la carte. Tu commences à voir le bout du tunnel!

Première neige, il est temps de se mettre à l'abri!

Ouh la la j’ai froid aux pneus!

Et puis voilà que tu apprends autre chose : au Québec du 15 décembre au 15 mars, il y a une obligation légale d’équiper les véhicules avec des pneus neiges (ça laisse imaginer le flot de neige qui s’annonce cet hiver!). Du coup tu fais les calculs et tu t’aperçois vite que le remisage de ton bijou sur roues dans un garage revient moins cher que le combo « achat et montage de 4 pneus neiges + cire pour protéger la carrosserie de la rouille + assurance pour conduite sur neige + démontage des 4 pneus au printemps ». Tu retournes donc sur Kijiji et Craigslist (que ferais-tu sans eux?) et tu appelles des dizaines de particuliers avant de trouver le meilleur rapport qualité/prix pour une place dans un garage chauffé avec vidéosurveillance et en ville.

Ça y est : Van’S est bien installée pour passer l’hiver, pour reprendre des forces avant de repartir au printemps pour de nouvelles aventures!

L'heure de l'hibernation à sonné pour Van'S : à l'année prochaine!

L’heure de l’hibernation a sonné : à l’année prochaine Van’S!

NOTRE VIE MONTRÉALAISE

Bon, on est installés au chaud avec de chouettes colocs, on a un boulot sympa, on a réglé le cas Van’S, … il ne reste plus qu’à profiter de Montréal! Côté événements, on est vite plongés dans le bain (de sang!) avec la Marche des Zombies organisée en centre-ville à l’occasion d’Halloween :

Tournage d'un épisode de The Walking Dead?

Tournage d’un épisode de The Walking Dead?

Y'a du zombie au mettre carré!

Y’a du zombie au mètre carré!

A peine le temps pour Benji de se remettre de ses émotions qu’il est déjà temps pour lui de souffler ses 30 bougies : Happy birthday ! :

Il en faut du souffle pour se débarrasser de toutes ces petites flammes!

Il en faut du souffle pour se débarrasser de toutes ces petites flammes!

Et puis deux semaines après avoir commencé le boulot, on est invités à un party d’Halloween organisé par et chez notre patron pour l’ensemble des collaborateurs de la Panthère Verte. Le thème : El dia de los muertos (« le jour des morts », charmant!), ce qui nous permet de nous lâcher sur le maquillage :

Miroir, mon beau miroir...

Miroir, mon beau miroir…

Un peu pâlot le Benji, non?

Un peu pâlot le Benji, non?

Au final, une excellente soirée, qui nous permet de rentrer rapidement et avec bonne humeur dans la grande famille des panthères vertes!

Et puis l’automne arrive bientôt à son terme et nous partons vite en quête d’une « armure » contre le froid qui arrive à grands pas! Les recherches avec nos amis Kijiji et Craiglslist pour trouver des vêtements d’occasion ne sont pas très fructueuses et nous faisons donc la tournée des boutiques de seconde main et autres magasins d’entrepôt. Au final, on arrive à s’équiper en quelques semaines de la tête aux pieds :

La neige et le froid? Même pas peur d'abord!

La neige et le froid canadiens? Même pas peur d’abord!

Mais on trouve aussi un peu de temps pour visiter le quartier du Vieux-Montréal qui au final, est le quartier le plus beau de la ville :

Le Marché Bonsecours

Le Marché Bonsecours

L’hôtel de ville

L’hôtel de ville

La très typique rue St Paul, avec toutes ses boutiques de souvenirs chinoises ;)

La très typique rue St Paul, avec toutes ses boutiques de souvenirs chinoises 😉

La basilique Notre Dame (priez pour nous!)

La basilique Notre Dame (priez pour nous!)

La Place d'armes et sa collection de buildings new-yorkais

La Place d’Armes et sa collection de buildings hétéroclites

En plus de découvrir le Vieux-Montréal, on fait aussi le tour de notre petit quartier de Hochelaga qui, avec un petit rayon de soleil, peut s’avérer relativement agréable :

Une petite église sur la rue Ontario

Une petite église sur la rue Ontario

Les rues montréalaises ornées d'escaliers tortueux et colorés

Le décor montréalais, des rues ornées d’escaliers tortueux et colorés…

L'envers du décor, au détour d'une ruelle

… et l’envers du décor, au détour d’une ruelle.

Au final, on notera quand même une chose… ils sont fous ces Québécois!

A mort l'anglais à Montréal : ici KFC, c'est PFK ou Poulet Frit du Kentucky :)

A mort l’anglais à Montréal : ici KFC, c’est PFK ou Poulet Frit du Kentucky 🙂

Ce qu’on en retient : Bah en fait pour l’instant on n’en retient pas grand chose de Montréal, car on n’a pas eu beaucoup de temps à lui accorder au milieu de toutes ces démarches administratives et pas mal de boulot! A part qu’à première vue, la ville fait presque provinciale avec ses nombreuses rues pavillonnaires ornées d’escaliers dans tous les sens, sauf au milieu des buildings du centre ville, of course!

Ce qu’on aime : 48h pour trouver un appartement et y emménager sans demande de caution ni de garanties, c’est quand même un bonheur dont la France devrait fortement s’inspirer! Sans parler de la facilité de l »embauche!

Ce qu’on aime moins : lâcher des tips (pourboires) tout le temps : taxi, coiffeur, restos, estheticienne, bars, etc… Il faut compter 15%  en plus de la note, et c’est obligatoire!! En même temps nous aussi on en profite dans notre travail donc …

On n’a vraiment pas aimé la galère avec Van’S qui nous a pris beaucoup de temps, d’énergie, et d’argent (près de 2000$). Heureusement qu’on a trouvé un boulot!

Exploit notable : comprendre, intégrer et maintenant servir en québécois ! Bah oui c’est du français, mais c’est pas tout à fait pareil. On ne dit pas vraiment « bonjour » mais « allo » (Nabila sort du corps des québécois!), on ne dit pas des « centimes » mais des « sous », on fait très attention surtout à ne pas dire qu’on est au Canada mais au Québec (c’est pas pareil, attention!), mais on ne dit pas « serpillière » mais « mop », cherchez l’erreur…… bref on est bilingues!

Episode marquant : à chaque soirée organisée par le boulot, on hallucine sur l’ambiance décalée et aux antipodes de ce à quoi on pourrait attendre d’une soirée d’entreprise : le big boss habillé en tutu rose qui te sert des bières avec un sourire malicieux, le responsable RH qui exécute une pirouette en équilibre sur ses mains pour attraper sa bière posée au sol avec la bouche, avant de la descendre d’une traite… bref, on est loin des standards français!

Voilà, le roadtrip est bien terminé pour cette année! On se concentre maintenant sur le boulot pour renflouer nos porte-monnaie avant de repartir sur les routes au printemps prochain. On est bien fatigués mais les vacances approchent, heureusement, et la famille de Gertrude débarque pour les fêtes de fin d’année, youpi! On vous racontera, promis!