Southern Ontario : des indiens et des chutes! (24 septembre – 4 octobre 2013)

Bon, ben nous voici de retour sur le sol canadien, et il nous reste encore pas mal de bornes à parcourir, surtout que la région qui nous attend semble très riche en découvertes!

Première chose à faire sur notre « to do list » : réparer notre poignée de porte arrière une bonne fois pour toutes. Grâce aux conseils d’un gentil garagiste de WIndsor, ce sera finalement un jeu d’enfant! Allez, pas de temps à perdre, on reprends la route car nos guides touristiques nous ont vendu du rêve avec un parc national très particulier. En effet, le Point Pelee National Park, en plus d’être le parc le plus méridional du Canada continental, est aussi réputé pour être situé en plein corridor migratoire d’une multitude d’oiseaux et d’insectes, et en particulier le mythique papillon Monarque. En septembre dans le parc, il est commun d’en voir des centaines agglutinés sur les arbres, un grand rassemblement avant le retour au Mexique pour passer l’hiver au chaud (les veinards!).

En route vers le parc national, nous passons par la petite ville de Leamington, capitale canadienne de la tomate, et le QG de… Heinz, sans surprise!

A Leamington, même le bureau d'information des visiteurs est... une tomate!

A Leamington, même le bureau d’information des visiteurs est… une tomate!

On constate que les habitants des abords du parc se mettent plus que bien, avec leurs maisons et leurs terrasses donnant directement sur le Lac Erié, pour des couchers de soleil de fou! Bon, on ne va pas se plaindre, parce que côté coucher de soleil de fou, on va être servis :

Petit tour dans les marais au soleil couchant

Petit tour dans les marais au soleil couchant

On se croirait vraiment au bord de l'océan!

On se croirait vraiment au bord de l’océan!

Concernant les papillons Monarque, on n’aura pas de chance en revanche car leur migration cette année est un peu déréglée, à cause des températures anormalement hautes pour la saison (foutu réchauffement climatique!). Heureusement que le centre des visiteurs du parc propose un lot de consolation :

Petite chenille deviendra grand papillon!

Petite chenille deviendra grand papillon!

En revanche, on partira en excursion jusqu’à l’extrême pointe du parc, un endroit où il est strictement interdit de se baigner en raison de forts courants qui ont déjà emporté des vies :

Une langue de sable qui s'enfonce dans le Lac Érié... le bout du monde!

Une langue de sable qui s’enfonce dans le Lac Érié… le bout du monde!

En quittant le parc et en longeant le Lac Erié, on comprend mieux pourquoi les gens ont l’air si riches dans le coin :

Les agriculteurs du coin sont foreurs pétroliers à leurs heures perdues...

Ici les agriculteurs sont foreurs pétroliers à leurs heures perdues…

... ce qui leur permet de s'offrir de belles demeures!

… ce qui leur permet de s’offrir de belles demeures!

Prochaine étape sur la carte : London, sa rivière Tamise et son marché alimentaire Covent Garden (tout comme chez la Queen si si!). Outre se chopper un PV de stationnement, on fait la rencontre de Marc, un Français établi au Canada comme chocolatier depuis près de 20 ans! Une vraie pipelette qui nous donne des pistes de réflexion pour notre future recherche d’emploi… et qui nous fait goûter ses délicieux chocolats!

Covent Garden Market et son talentueux maître chocolatier!

Covent Garden Market et son talentueux maître chocolatier!

Belle fresque murale du frère de Paul Watson, président de l'ONG de protection des océans Sea Shepherd

Belle fresque murale réalisée par le frère de Paul Watson, président de l’ONG de protection des océans Sea Shepherd

On ne restera qu’une seule journée à London, car notre course contre la montre du Pow Wow touche bientôt à sa fin. On vous explique : depuis la nuit des temps, les Amérindiens ont pour tradition de se réunir pour célébrer divers événements (généralement des victoires guerrières). Aujourd’hui ces fêtes sont encore célébrées en Amérique du Nord, mais elles ont pris un tournant plus festif puisque des concours de danses, de chants, de tambours sont organisés et de l’artisanat amérindien y est vendu. On appelle ces célébrations des Pow Wow (prononcez « pa-wa » sinon les anglophones ne comprennent pas!).

On a donc considéré qu’il était inconcevable de visiter le Canada sans assister à ça, et c’est ainsi qu’on a couru tout l’été après différents Pow Wow organisés au quatre coins du Canada. Le problème, c’est qu’on arrivait sur les lieux soit trop en avance, soit après la fête! Du coup, on s’est dit que le Pow Wow de la ville de Waterloo en Ontario était notre dernière chance avant la fin de la saison :

Suivons la piste du Pow Wow, ça doit être par là!

Suivons la piste du Pow Wow, ça doit être par là!

Drôle d'oiseau!

Drôle d’oiseau!

Bilan : une très belle journée haute en couleur et en musique!

Jeune apprenti guerrier :)

Jeune apprenti guerrier 🙂

Costume arc-en-ciel pour une danse féminine endiablée!

Costume arc-en-ciel pour une danse féminine endiablée!

Chant de femmes en cercle

Chant de femmes en cercle

En quittant Waterloo, on tombe à St Jacobs sur une autre facette folklorique de la région : les Mennonites. Il s’agit d’une communauté basée sur la pratique d’un christianisme très austère, dont les ancêtres remontent à la Réforme protestante européenne du XVIème siècle. Répartis sur l’ensemble de la planète, les Mennonites compte une grosse communauté canadienne, et leurs membres sont très reconnaissables à leur style de vie… « à l’ancienne » :

Petite maison dans la prairie...?

Petite maison dans la prairie…?

Va savoir ce qu'il trimbale dans son bolide...

Va savoir ce qu’il trimbale dans son bolide…

Dans le coin, même le code de la route est adapté :

Le métro local, c'est la charrette à cheval!

Le métro local, c’est la charrette à cheval!

Bref, on file à travers champs, même si on traverse également la petite cousine canadienne de la Ville Lumière :

Mais elle où la Tour Eiffel, les gars?

Mais elle où la Tour Eiffel, les gars?

On se croirait un temps revenu dans les Prairies! Mais non, puisqu’un nouveau lac démesuré s’offre bientôt à nous : le Lac Ontario. Et qui dit Lac Ontario dit… les chutes du Niagara bien sûr! On s’attend à voir un impressionnant rideau d’eau, mais c’est d’abord les néons et les enseignes qui nous attirent l’œil. En effet, la ville de Niagara Falls qui abrite les chutes est surnommé le « Las Vegas canadien », avec ses restaurants, hôtels, parcs d’attraction et boutiques de souvenirs dans tous les sens :

Attrapes-touristes de jour...

Attrapes-touristes de jour…

... comme de nuit!

… comme de nuit!

Heureusement, le spectacle des chutes, avec leurs 145 mètres de long pour 57 mètres de large, en vaut vraiment la peine :

Les chutes américaines...

Les chutes américaines…

... et les chutes canadiennes ou "Fer à cheval"

… et les chutes canadiennes ou « Fer à cheval »

Mais outre les chutes, la région de la Péninsule Niagara est très réputée pour ses vignobles. Bon, on vous l’accorde, la majorité des cépages du coin provient d’Europe, et surtout de France. Alors nous, vous nous connaissez, on se dit qu’on se doit d’y goûter à ces fameux vins (franco-) canadiens! Et nous voila parti sur la route des vins, de Niagara-on-the-Lake à Grimsby :

J'vous en sert un petit gorgeon ;) ?

J’vous en sert un petit gorgeon 😉 ?

Vous avez dit dégustation gratuite?!?

Vous avez dit dégustation gratuite?!?

Le vin de glace (icewine) est notre coup-de-coeur découverte! Il s’agit d’un délicieux vin liquoreux obtenu en récoltant le raisin au coeur de l’hiver, entre décembre et février, après que les grappes gelées aient passé de 3 à 5 nuits consécutives à -10°C… divin mais très cher, du au faible rendement de la production (bah ouais, ils sont pas nombreux les courageux qui se lèvent pour vendanger de nuit en plein hiver par -10)!

Quelques verres de vin (on ne les compte plus à la fin!) plus tard, on reprend la route en quittant la Péninsule Niagara, attirés que nous sommes par les gratte-ciel et la vie trépidante de la plus grande ville du Canada… Toronto!

Ce qu’on en retient : un coin de l’Ontario vraiment très touristique et aux allures parfois très européennes avec ses vignobles!

Ce qu’on aime : la culture amérindienne que les peuples des Premières Nations ont réussi à faire perdurer malgré leur persécution par le gouvernement canadien pendant des centaines d’années.

Ce qu’on aime moins : payer pour tester du vin… c’est quand même honteux de demander 10$ par personne pour goûter seulement 4 fonds de verre, qu’il convient logiquement de recracher (en tout cas, à 10$, on les a tous finis jusqu’à la dernière goutte, nos verres!). Au final, on n’aura jamais eu l’explication à cette hérésie…

Exploit notable : avoir résisté à la tentation de dépenser tout son argent à Niagara Falls, que ce soit dans les parcs d’attraction du centre ville ou bien les tours organisés pour voir les chutes « de plus près », alors que les belvédères offrent des vues bien suffisantes!

Episode marquant : alors qu’on était tranquillement en train de prendre notre petit déjeuner à l’arrière de notre van sur le parking d’un supermarché Walmart (comme d’habitude), une voiture s’arrête, un homme en sort, et se dirige vers nous d’un pas décidé. What the f***!?! Qui vient nous déranger au petit déj? Le type tend sa main vers Benji et lui donne un petit bout de carton, tourne les talons et remonte dans sa voiture sans dire un mot. C’est seulement alors qu’on hallucine vraiment, quand on s’aperçoit que le bout de carton est en fait une carte cadeau à dépenser chez Walmart d’une valeur de… 100$!!! Le gars, nous ayant pris pour des nécessiteux, devait avoir une chose sérieuse à se faire pardonner pour faire une telle B.A. Merci mec, mais… on ne fait jamais nos courses chez Walmart! On va s’y mettre quoi!

Le Michigan : les States et Detroit! (21 septembre – 24 septembre 2013)

C’est décidé! On part pour les « States », on veut traverser l’état du Michigan pour rejoindre le sud de l’Ontario!

C’est tout excités à l’idée de repasser à nouveau la frontière que l’on franchit le pont qui relie Sault Ste Marie du Canada, à sa jumelle aux USA (elles portent le même nom)! Mais avant de compter en miles sur les autoroutes, on doit passer par le poste de douanes! Normal!

Vous vous souvenez, on a déjà passé la frontière en Alaska, Benji, s’étant même risqué à faire une blague avec le douanier! (oui, on sait, c’est pas finot mais c’est très bien passé!) Et tous nos clichés sont tombés!

Donc quand on s’approche souriants de la petite cabine, on est en mode « Hello , how are you? » , lequel se voit répondre « how many in the car? » ! OK ! ça vous pose le décor, et histoire d’être bien sûrs que vous partagiez cette expérience du passage de la douane US, pensez à tous les clichés que vous avez là-dessus, et dites-vous une chose : tout est vrai!

Tout est là : le douanier moustachu qui vous prend d’office pour des terroristes qui viennent ici pour travailler illégalement « non non , on vient que pour quelques jours », »‘qu’est-ce qui me le prouve?? » « bah, je ne sais pas! » ; ça commence bien ! Ouverture du van pour contrôler si on n’a pas armes, moustaches/barbes postiches, de fromage qui pue ou autres indices suspicieux! OF COURSE il n’y a rien! « vous ne faites qu’entrer et sortir des USA, puis vous me dites que vous allez aller au Canada, mais quoi dans 6 mois après avoir travaillé ici, puis revenir!  » …. Euuuuh…. non ! On n ‘a ni le visa, ni l’envie, on voyage m’sieur! ». Au bout d’un quart d’heure , tampons apposés sur le passeport, on rentre enfin aux USA , avec une sérieuse conviction : ils sont vraiment paranos!

Heureusement, on assiste à un lever de lune sur le lac Huron, qui nous calme un peu !

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Moonrise

Dans la série « BIENVENUE AUX USA », on a une surprise de taille au petit matin : la poignée arrière de Van’S ne fonctionne plus ! C’est pas comme si c’était l’unique accès à TOUTES nos affaires : dressing, salle de bains, cuisine, tout! Il nous faut un garage ! Ah bah ça tombe mal : on est dimanche! Supeeeer!

Du coup, on parcourt les villes et on croise de drôles de panneaux ! 

Ironie ?

Ironie ?

Forcément, on va voir ce que c’est ! Aux pays des armes à feu à la ceinture (véridique, on en croise!), c’est une véritable expérience que d’arriver au complexe sportif local qui voit son terrain réaménagé avec des stands de fusils, mitraillettes (oui oui!), couteaux, munitions! La sortie du dimanche en famille du coin, avec les enfants ! Choc culturel oblige, on veut en savoir plus : alors l’organisateur nous explique qu’ ici les armes servent à se protéger car les distances sont si grandes, que la police ne peut être partout! Et aussi que la société américaine est fondamentalement basée sur le fait que l’état et les gens sont clairement séparés  : le peuple règle ses problèmes en premier lieu, ensuite seulement l’état peut intervenir! C’est ça la liberté!

Mouais… toujours est-il que nous, on ne se sent pas très à l’aise avec tous ces canons de fusil pointés autour de nous ! « Vous n’auriez pas une poignée de van par hasard? », non ! Salut !

Un marché local... aux armes!

Un marché local… aux armes!

On continue notre chemin donc vers Detroit, la vraie grosse ville de l’état, et il faut bien le dire : notre vrai but caché ! En plus, quel meilleur endroit pour faire réparer son van GMC à Motor City?

Vu la réputation qu’a Detroit à travers le monde et les USA, on évite clairement de passer la nuit sur les parkings de Walmart cette fois-ci, et on finit dans une banlieue chic : Pontiac ! (y’a un truc avec les voitures ici vous l’aurez compris!) Et on y goûte une des meilleure cuisine chinoise qu’on ait jamais mangée!

C’est sous le soleil qu’on arrive à Detroit et qu’on fait… la tournée des mécanos et des casses locales pour trouver notre poignée! GMC nous demande près de 300 US$ pour nous débloquer la porte + la pièce + l’installation + 2 heures de main d’oeuvre! En 15 minutes, un garagiste du coin nous ouvre la porte pour 25 US$ et nous bidouille un mécanisme temporaire; et on commande une nouvelle poignée pour Van’S pour une « poignée » de pain ! MWARF!

Van'S en pleine auscultation !

Van’S en pleine auscultation !

"Tirez la bobinette" !

« Tirez la bobinette » !

En attendant que la poignée arrive, on peut enfin faire un tour dans la ville! Detroit c’est la ville des voitures, Motor City , le berceau de la Motown, les fondements de la musique électronique, la ville de Rosa Parks! Mais c’est aussi la 3ème ville la plus dangereuse des USA! Et c’est exactement ce qui se dégage de cette ville : fascination et inquiétude.

On aime son architecture Art Déco, ses buildings qui se dessinent au dessus la ville ! Et à côté de ça des maisons entièrement délabrées, brûlées, barricadées, abandonnées…. des rues où il ne vaut mieux pas traîner le soir! Mais dans l’ensemble, la ville est vraiment belle!

Ah ouais c'est aussi la ville d'Eminem !

Ah ouais c’est aussi la ville d’Eminem !

On les sent bien les 30's! non?

On les sent bien les 30’s! non?

Motorcity on vous dit !

Motorcity on vous dit !

Belle illustration du paradoxe de Detroit : Ernst & Young dans la city, l'armée du salut et ses camions au rpemier plan...

Belle illustration du paradoxe de Detroit : Ernst & Young dans la city, l’armée du salut et ses camions au premier plan…

On commence par passer devant la Michigan Central Station, cette gare abandonnée , et rachetée par un milliardaire qui sert souvent comme décor de films (ex: Transformers) :

Michigan Central Station : il est pas prêt de partir le prochain train !

Michigan Central Station : il est pas prêt de partir le prochain train !

On file sur Belle Isle, l’île au large du Lac Claire qui sépare la ville du Canada, seulement à quelques centaines de mètres ! Elle consiste en un grand parc peuplé d’oies sauvages et de hérons bleus! Une vraie bouffée verte dans une grande ville américaine!

La plage de Belle Isle!

La plage de Belle Isle!

Puis on se balade un peu dans la ville avant d’aller savourer un délicieux Gyros (ouais un kebab ! ) dans Greektown, le coin tendance de la ville pour boire un verre, ou jouer au casino.

GreekTown, et de la musique, toujours!

GreekTown, et de la musique, toujours!

La ville grecque on vous dit !

La ville grecque on vous dit !

En repartant vers notre camping, on s’arrête devant un bâtiment qui fait du bruit : le stade des Tigers de Detroit (baseball) ! Juste en face des Red Wings (hockey).

Grrrrrr!

Grrrrrr!

Le lendemain, c’est visite ! On commence par le musée qu’on attend depuis qu’on a eu l’idée d’aller à Detroit : la Motown !!! On ne peut pas prendre de photo de l’intérieur, dommage, mais on peut vous dire, que vous avez le droit à toute l’histoire : le chapeau/gant de Michael Jackson, les traces de pieds battant la mesure qui ont abîmé le bureau de mixage, et top of the pop, le studio A dans lequel on peut chantonner « My Girl » et sentir des petits frissons qui vous parcourent le dos quand on sait que Stevie Wonder a touché tous les instruments présents ici, et que Diana Ross s’asseyait sur ce tabouret… bref on est comme des dingues, on a même du mal à partir!

2628 Grand Bd West, "where everything started"

2628 Grand Bd West, « where everything started »

On continue vers le musée Ford, mais avant c’est l’heure du déjeuner, et à Detroit, la spécialité c’est le Coney Island : un hot dog avec de la sauce chili et des oignons frais! OK, on n’a pas peur : on se lance!

American ou Lafayette ? Nous on a testé les deux!

American ou Lafayette ? Nous on a testé les deux!

On fonce vers le Musée Ford, car il ne nous reste que 2 petites heures avant qu’il ferme! Et franchement, il nous aurait fallu deux jours! Le musée est immense et extrêmement bien fourni divisé principalement en 2 parties : le village des américains célèbres et celui des inventions! Nous on choisit de rentrer dans ce dernier et on (re) découvre les premières voitures, trains, moteurs en tous genres! On fait pas mal de voyages dans le temps et l’histoire américaine. Il est déjà l’heure de partir quand on passe devant la voiture dans laquelle Kennedy fut assassiné…. On serait bien restés plus mais le musée ferme et on a une poignée à récupérer!

Le modèle T de Ford, qui lança la voiture moderne !

Le modèle T de Ford, qui lança la voiture moderne !

Benji aime jouer au "petit" train...!

Benji aime jouer au « petit » train…!

Le temps d’une glace préparée avec amour par Nolan qui malaxe crème glacée, fudge et morceaux de brownie (vous avez le droit de baver!), et on reprend la route du Canada !

Et ça , c'est la petite taille !

Et ça , c’est la petite taille !

Direction le tunnel sous le Lac Claire!

Direction le tunnel sous le Lac Claire!

On jette un coup d’œil derrière nous depuis Windsor, et on se dit que quand même Detroit, ça craint mais c’est vraiment bien !

"just enough for the city" chante Stevie... vous l'entendez vous aussi ?

« Just enough for the city » chante Stevie… vous l’entendez vous aussi ?

Ce qu’on en retient : Le Michigan n’est pas le premier état auquel on pense quand on veut visiter les States… c’est plutôt vrai sauf pour la ville de Détroit qui mérite vraiment le détour.

Ce qu’on aime : L’un des must do de la ville était de manger : on vous le confirme, mangez-y! ça faisait longtemps que nos papilles n’avaient pas été autant sollicitées, et ça fait du bien! Qui eut cru qu’on mangerait mieux à Détroit que dans tout le Canada 😉 ?

Ce qu’on aime moins : Les chauffards ricains qui te queue-de-poissonnent dans tous les sens (s’ils pouvaient doubler par au-dessus, ils le feraient!)

Exploit notable : Passer la douane : vous l’aurez compris, ce n’est pas une mince affaire! Visiter Détroit et être encore en vie pour en témoigner : ne jamais se fier aux idées reçues!

Episode marquant : C’est au cours de la comparaison entre les deux endroits de la ville qu’on nous a conseillés pour manger les meilleurs coney Island hot dogs, que l’on rencontre le patron du American Coney Island, mi-frenchie, mi-ricain! Après une heure de chouette échange, on se rend compte que c’est le frère du doc de Gertrude en France! Le monde est petit ! Et ses sandwichs sont les meilleurs!

Western Ontario : autour du Lac Supérieur (17 septembre – 21 septembre 2013)

Quand tu zoomes via Google Maps sur la frontière sud entre le Manitoba et l’Ontario, l’effet est saisissant : tu passes littéralement d’un désert de champs à un réseau très dense de lacs, ce qui finalement n’est pas plus mal pour nous. Finies les grandes étendues semées jusqu’à l’horizon : place à la forêt, aux roches et aux lacs (à nouveau)!

L’Ontario, c’est la deuxième province du Canada (après le Québec) en terme de superficie : 1 076 395 km2 ce qui nous laisse présager pas mal de bornes encore à parcourir…

Et c'est parti pour l'Ontario!

Et c’est parti pour l’Ontario!

En plus du changement de paysage à mesure que nous nous enfonçons dans la province, nous remarquons quelques nouveautés :

Ici, on ne rigole pas avec l'environnement : si on te prends à jeter tes déchets dans la nature, tu payes 500$!

Ici, on ne rigole pas avec l’environnement : si on te prend à jeter tes déchets dans la nature, tu payes 500$!

Après la première centaine de kilomètres, la route nous propose deux options : la route du nord, plus courte mais moins intéressante, et la route du sud, plus longue mais bien plus sauvage. Vous nous connaissez, on n’hésite pas bien longtemps, et une fois franchie la ville de Kenora, on oblique plein sud à travers la forêt  :

La route est belle malgré un temps incertain

La route est belle malgré un temps incertain

Quelques villages aux noms pittoresques (Sioux Narrows, Nestor Falls) jalonnent notre parcours à travers une myriade de petits lacs. Une fois arrivés à la frontière américaine, on oblique à l’est jusqu’à Fort Frances. Le temps de leur expliquer que notre beau petit pays s’écrit sans « S » à la fin que nous tombons à nouveau sur une autre piste gauloise :

Quand les Amérindiens honorent la France :)

Quand les Amérindiens honorent la France 🙂

La route jusqu’aux berges du Lac Supérieur est bien longue et la météo n’est plus vraiment notre alliée. Pour passer le temps, on observe les panneaux le long de la route :

Les orignaux, ici, il y en a bien plus en panneaux qu'en chair et en os :(

Les orignaux, ici, il y en a bien plus en panneaux qu’en chair et en os 😦

Ca y est : plus que 6 heures de décalage avec la France!

Ca y est : plus que 6 heures de décalage avec la France!

Heureusement pour nous, on fait quelques stops-nature parfois saisissants :

Les impressionnantes Kakabeka Falls et leurs 40 mètres de haut!

Les impressionnantes Kakabeka Falls et leurs 40 mètres de haut!

On fait une courte escale à Thunder Bay. En plus d’être notre porte d’entrée sur le Lac Supérieur, Thunder Bay est aussi la ville la plus centrale du Canada : ça y est, nous avons parcouru (seulement) la moitié de ce pays démesuré! Thunder Bay n’a pas vraiment développé d’attrait touristique, elle s’est surtout développée grâce à ses terminaux agricoles qui permettent aux récoltes de toute la partie Est du Canada, de transiter à l’Ouest (par le biais du Lac Supérieur notamment).

Bref, on continue notre route pour s’arrêter quelques kilomètres à la sortie de la ville pour découvrir une histoire incroyable et touchante : celle d’un athlète, Terry Fox, qui entreprend en 1980 la traversée du Canada… à pied! Le plus fou dans cette histoire, c’est que le gars a été amputé de sa jambe droite à cause d’un cancer (il court d’ailleurs pour lever des fonds pour la recherche contre le cancer). Au final, il aura parcouru 5 373 kilomètres (sur un pied!!!) depuis St John’s en Terre Neuve, jusqu’à Thunder Bay en Ontario où le cancer aura raison de lui :

Marathon de l'Espoir pour vaincre cet enfoiré de cancer...

Marathon de l’Espoir pour vaincre cet enfoiré de cancer…

On salut la mémoire du héros canadien et on file passer la nuit dans le parc provincial Sleeping Giant (le géant endormi, une vieille légende amérindienne). Comme nous partons à l’aube le lendemain car une longue route nous attend, nous tombons nez à nez (ou plutôt capot à truffe) avec deux magnifiques loups à la sortie du camping :

Canus lupus de bon matin... magnifique!

Canus lupus de bon matin… magnifique!

Il faut dire que ce parc provincial regorge de faune, entre daims, porc-épic et bernaches :

Lui, ça devait être le dixième qu'on ait vu dans le parc :)

Lui, ça doit être le dixième qu’on ait vu dans le parc 🙂

Il parait que la route qui longe le Lac Supérieur est parmi les plus scéniques au Canada. Et bien pour nous, ça sera tout le contraire, entre des trombes d’eau en pluie continue et un brouillard à couper au couteau :

Quelqu'un aurait un bon gros couteau de boucher par hasard?

Quelqu’un aurait un bon gros couteau de boucher par hasard?

On a la chance de pouvoir apercevoir par intermittence les merveilles du Lac Supérieur et les couleurs de l’automne qui s’installe petit à petit :

Un îlot d’éclaircie dans la tempête...

Un îlot d’éclaircie dans la tempête…

Marrons, rouges, oranges, jaunes... pas de doute, l'automne est là!

Marrons, rouges, oranges, jaunes… pas de doute, l’automne est là!

La route sur les rives du Lac Supérieur nous propose aussi de curieuses statues. Outre la bernache géante du village de Wawa (« oie sauvage » en langue Ojibwé), on en apprend davantage du la vie de Winnie l’Ourson en passant par White River :

La plus grande bernache du Canada!

La plus grande bernache du Canada!

Il était une fois un petit ourson...

Il était une fois un petit ourson…

Comme promis dans l’article précédent, on vous raconte l’histoire du petit mangeur de miel : en 1914, un soldat canadien quitte son Manitoba natal pour se rendre au front en Europe. Sur son chemin, il achète une petite oursonne dans la ville de White River, Ontario, qu’il nomme… Winnie en l’honneur de sa ville d’origine… Winnipeg! Le soldat finira par laisser la petite Winnie au zoo de Londres en Angleterre pour qu’on s’occupe d’elle pendant qu’il se bat en France (il ne la ramènera pas au Canada en repartant après la guerre). Un jour, l’écrivaine anglaise A.A. Milne en visite au zoo avec son fils Christopher, tombe amoureuse de la petite ourse qui devient Winnie the Pooh dans les histoires qu’elle écrit à partir de 1926. L’industrie Disney finira aussi par mettre la main sur l’ourson à partir de 1977 et le rendra mondialement populaire…

Mais nous voila déjà arrivés à l’extrémité Est de l’immense Lac Supérieur qui nous aura pris trois jours de route! Pour en finir avec ce géant, nous traversons le parc provincial qui porte son nom et qui nous offre une belle rando à travers une forêt profonde :

Manquerait plus que de croiser Merlin...

Manquerait plus que de croiser Merlin…

La rando finit au bord du Lac Supérieur où les indiens Objiwés ont jadis dessiné à l’ocre sur les falaises. Malheureusement, on ne pourra pas aller admirer ces peintures rupestres car la corniche semble vraiment trop glissante :

Bon d'accord, on ne va pas insister!

Bon d’accord, on ne va pas insister!

On passe ensuite par des endroits aussi pittoresques que Pancake Bay et Old Woman Bay avant d’arriver dans la ville de Sault St Marie. Le principal attrait de cette ville est qu’elle est frontalière avec les USA, du coup on se met à réfléchir : continuer notre descente de l’Ontario par la Baie Georgienne ou bien couper à travers champs… par le Michigan? L’aventure, c’est l’aventure, pas vrai? Surtout que ce pont là-bas à l’air vraiment attirant :

USA ou Canada?

USA ou Canada?

Michigan, here we come!

Michigan, here we come!

Ce qu’on en retient : L’Ouest de l’Ontario nous aura fait parcourir nos derniers gros kilomètres, les distances semblent se raccourcir à mesure que nous progressons vers l’Est.

Ce qu’on aime : Retrouver des paysages de forêt magnifiques, aux couleurs de l’été indien, avec des animaux partout (orignaux exceptés, bien entendu!)

Ce qu’on aime moins : Une météo démontée et des températures moins supportables (surtout en pleine nuit dans le van…)

Exploit notable : Faire partie du peu de voyageurs à avoir longé tout le Lac Supérieur… sans pouvoir en témoigner (puisqu’on l’a pratiquement pas vu!)

Episode marquant : Tourner pendant une heure dans le village d’Atikokan avant de trouver un emplacement pour passer la nuit. Non, on ne dormira pas sur le parking des Témoins de Jéhovah. Non, on ne dormira pas dans un camping où rode un chien errant aux allures de coyote. Non, on ne dormira pas au milieu de caravanes louches aux étranges lumières. Finalement, notre spot au bord d’un petit lac nous offrira le chant d’un couple de pygargues à tête blanche pour le petit déj!

Manitoba, la province du Grand Esprit (13 septembre – 17 septembre 2013)

Et c’est parti pour notre cinquième province (ça commence à en faire, des bornes!). Manitoba, il parait que ça vient d’une expression de la tribu amérindienne Cree, qui signifie : « Passage du Grand Esprit » (parfaitement, Monsieur!)… mais bon, le tourisme local a plutôt voulu retenir un autre symbole pour la province, le bison :

Vibrant d'énergie... faut voir!

Vibrant d’énergie… faut voir!

Notre premier stop sera le site national historique des Inglis Grain Elevators. Vous vous souvenez de ces grandes structures s’élevant au milieu des prairies de la Saskatchewan (cf. article précédent) ? Et bien il s’agit d’élévateurs à grain. A quoi ça sert me demanderez-vous? Et bien, suivez le guide :

Du grain par milliers de tonnes, ce sont les poules du coin qui doivent être contentes!

Du grain par milliers de tonnes, ce sont les poules du coin qui doivent être contentes!

Ces « géants des praires » (c’est leur petit nom) servent en fait de transition entre la production et la consommation. Les agriculteurs amènent ici leurs grains (de sel?) dans de gros camions. Les récoltes sont pesées puis versées dans de vastes cuves. Ensuite, un système d’ascenseur à grains emmène ceux-ci jusqu’au sommet de la structure pour être entreposés dans une cellule spécifique (il y a plusieurs cellules pour chaque catégorie de grain : blé, orge, canola, etc.). Les grains attendent ensuite patiemment qu’un train passe par là pour être déversés (une centaine de wagons en moyenne forme le convoi) et acheminés aux quatre coins du Canada, mais aussi du monde… ce qui vaut à la province sont surnom de « panier à pain du monde » (« breadbasket of the world ») :

L'élévateur à godets.

L’élévateur à godets.

La voie de chemin de fer qui passe derrière les élévateurs pour le chargement.

La voie de chemin de fer qui passe derrière les élévateurs pour le chargement.

Il a un grain ce Benji!

Il a un grain ce Benji!

Visite très intéressante, même si on apprend aussi que les techniques ont quelque peu évolué de nos jours et que ces structures antiques sont peu à peu en train de disparaître au profit de nouvelles plus performantes… et aussi plus hideuses (on n’arrête pas le progrès)!

On repart ensuite à travers les champs, sur des « routes » qui n’ont jamais connu le bitume, pour arriver à la petite ville de Dauphin, où l’on remarque de curieux monuments :

Heu... on est toujours au Canada là?

Pas très catholique tout ça!

C’est peu connu, mais au temps de la ruée vers l’ouest au Canada du XIXème siècle, les prairies ont attiré une très forte communauté… ukrainienne! Du coup, on croise un peu partout en Alberta, Saskatchewan et Manitoba, des églises orthodoxes d’un style très particulier.

Mais on ne reste pas longtemps à Dauphin car on est très attirés par la forêt juste à côté : le Riding Mountain National Park. Encore un très beau parc, avec de très beaux lacs, mais surtout, on comprend mieux ce fameux symbole sur les panneaux touristiques :

Le bison, un animal solitaire...?

Le bison, un animal solitaire…?

En fait, celui-ci a ramené toute sa famille dans la prairie, et ces joyeux ruminants s’occupent souvent de faire la circulation :

... pas du tout!

… pas du tout!

Circulation alternée, voire bloquée!

Circulation alternée, voire bloquée!

Avec option car wash, attention!

Avec option car wash, attention!

Au final, on ne saura jamais pourquoi les bisons se sont fait la langue sur ce pickup blanc, mais on aime toujours autant se retrouver entourés de ces surprenants animaux!

Un passage rapide par Wasagaming, le village principal, et nous quittons le parc. Notre chère Van’S, qui s’apprête à fêter bientôt son 12 000ème kilomètre, nous fait passer par de petits villages typiques des prairies (Minnedosa, Neepawa) où on se paye le luxe de bonnes glaces presque aussi grosses que nos têtes!

Puis retour dans la nature en entrant dans le parc provincial Spruce Woods, tout au sud. Ce parc, moins connu que son ainé Riding Mountain, n’est pourtant pas moins fascinant puisqu’il nous offre une belle rando à travers des dunes de sable :

La rando des Spirit Sands

La rando des Spirit Sands

Stairway to heaven?

Stairway to heaven?

Un désert de sable au pays de la neige...

Un désert de sable au pays de la neige…

La ballade n’est cependant pas sans dangers, puisqu’il parait que des débris d’explosifs militaires peuvent te faire sauter à tout moment (sympa le Canada, vraiment!) :

Le parcours du combattant, c'est par ici!

Le parcours du combattant, c’est par ici!

Croyez-le ou non, mais on est revenus au van avec tous nos membres intacts… pas de passage à l’hôpital pour Gertrude sur ce coup-là!

Sur la route, on croise quelques points d’intérêt qui méritent leur photo :

Un train de grains provenant de... l'Alberta!

Un train de grains provenant de… l’Alberta!

Hollande, Canada, ... on est un peu perdus là!

Hollande, Canada, … on est un peu perdus là!

On finit la visite de la province par sa capitale : Winnipeg (Winnie colle comme dit Gertude ;). Le quartier le plus sympa s’appelle The Forks (La Fourche) car il se situe à la confluence des rivières Rouge et Assiniboine. On y trouve un charmant marché alimentaire où l’on déguste… un bon croissant au beurre (à qui on pourrait presque attribuer la nationalité française, si si!) :

Ça c'est du camion!

Ça c’est du camion!

On emprunte un pont pas très esthétique, mais qui nous permet d’accéder au quartier St Boniface, largement dominé par l’influence française. On y admire notamment les restes d’une cathédrale (incendiée quatre fois, c’est de l’acharnement!), et la tombe du fameux Louis Riel qui avait mené la rébellion des Métis contre les forces armées canadiennes à Batoche en 1885 (cf. article sur la Saskatchewan) :

Mieux vaut éviter d'aller à la messe les jours pluvieux!

Mieux vaut éviter d’aller à la messe les jours pluvieux!

RIP Louis!

RIP Louis!

Un visite étonnante est celle d’un quartier amérindien (donc très pauvre malheureusement…) où l’on a construit la Circle of Life Thunderbird House, un lieu de cérémonie traditionnel construit en forme d’oiseau-tonnerre et qui permet aux communautés autochtones de faire perdurer leurs rites et leur culture :

La fameuse maison en forme d'oiseau-tonnerre et sa chambre de sudation rituelle (en forme de tipi)

La fameuse maison en forme d’oiseau-tonnerre et sa chambre à sudation rituelle (en forme de tipi)

Avant de quitter la ville, on fait encore quelques tours au coeur de la ville qui nous permet de prendre de belles photos du downtown :

Le bâtiment législatif dont les parterres de fleurs abritent écureuils et petits lapins :)

Le bâtiment législatif dont les parterres de fleurs abritent écureuils et petits lapins 🙂

Buildings in Winnipeg

Buildings in Winnipeg

Ce qu’on en retient : troisième province des prairies canadiennes… ça commence à devenir long!

Ce qu’on aime : toujours autant d’oiseaux dans le ciel, et le soleil au rendez-vous chaque jour, pourvu que ça dure!

Ce qu’on aime moins : le prix exorbitant qui nous empêche d’aller admirer les ours polaires à Churchill, dans le nord de la province 😦 Il faut compter près de 1000$ pour deux, comprenant le train (bah oui, il n’y a pas de route pour monter là-haut!), l’hébergement (ils se gavent vraiment!) et l’expédition dans la tundra avec guide et véhicule spécialisés)… Un grand regret, mais peut-être pour une autre fois?

Exploit notable : rien de notable au Manitoba (on s’est tenus tranquilles sur ce coup-là!)

Episode marquant : alors qu’on était tranquillement en train de pique-niquer au bord d’un lac dans le parc national de Riding Mountain, un mariage s’est soudain organisé juste à côté de nous : une cinquantaine de convives en robes de cocktail et costards, autour d’un couple de mariés ému… et le pire, c’est que personne n’est venu nous demander de nous écarter, du coup… on est sur les photos de mariage!)

On quitte finalement la province avec cependant une question existentielle : c’est quoi le point commun entre Winnipeg et Winnie l’ourson? La réponse… en Ontario!

L’imprononçable Saskatchewan (6 septembre – 13 septembre 2013)

Bienvenue en Sacha… Sachachew… SA-SKA-TCHE-WAN! Bon, pour faire simple, on l’appellera la Sask! Vous l’aurez compris, on continue ici dans la même lancée qu’en Alberta… des champs et des champs à perte de vue!

On entre en Sask par l’horrible Lloydminster, une ville transfrontalière à cheval entre Alberta et Sask qui pue avant tout le pétrole et manque cruellement d’attrait touristique (le centre des visiteurs est d’ailleurs fermé, ça commence bien). Même le marquage entre les deux province est affligeant :

Deux poteaux rouges, voici la Saskatchewan, circulez, y'a rien à voir!

Deux poteaux rouges, voici la Saskatchewan, circulez, y’a rien à voir!

Donc on roule au milieu des champs, en se demandant si les méthodes agricoles locales sont aussi hallucinantes que les dimensions des plantations… d’autant qu’on remarque de curieuses structures s’élevant le long de voies de chemin de fer :

Un élévateur à grains... mais à quoi ça sert?

Un élévateur à grains… mais à quoi ça sert?

Il faudra attendre de visiter la province suivante pour en apprendre davantage au sujet de ces « géants des prairies » (notez l’effet teaser de dingue!!!).

Le paysage de champs se boise petit à petit à mesure qu’on approche du Prince Albert National Park. C’est d’ailleurs fascinant de se dire que de grosses et profondes forêts peuvent pousser au milieu d’un désert de céréales! Prince Albert nous réserve quelques belles vues, et notamment un splendide coucher de soleil sur Waskesiu Lake :

Du jaune et du rose...

Du jaune et du rose…

Le lendemain, on fait une rando qui nous fait emprunter un curieux chemin de fer à travers la forêt : un système pratique qui permet aux randonneurs-pagayeurs de charger leur canoë (ou même leur bateau à moteur!) sur un petit chariot roulant sur les rails, passant ainsi d’un lac à l’autre :

La SNCF locale ;)

La SNCF locale 😉

En arrivant au bout de la rando, on débouche dans un terrain de camping assez sommaire où l’on peut découvrir le fonctionnement des caches à ours, un système permettant aux campeurs de stocker leur nourriture hors de portée des ours qui patrouillent régulièrement le secteur (à l’aide d’une échelle montée sur charnières) :

Les panneaux "attention aux ours", c'est pas pour faire joli sur les randos...

Les panneaux « attention aux ours », c’est pas pour faire joli sur les randos…

En reprenant le van, on croise alors l’un des plus beaux animaux du coin : le wapiti, un cousin du cerf. En fait, ils sont deux sur le bord de la route, et la concurrence est rude en période de rut :

"Alors, c'est qui le patron de la forêt?!"

« Alors, c’est qui le patron de la forêt?! »

Te fatigues pas, tu ne m'impressionne pas!"

Te fatigue pas, tu ne m’impressionnes pas! »

Mais le temps est vite venu de quitter la forêt et de retourner dans l’enfer jaune des prairies.

Nos guides touristiques nous indiquent un certain Batoche National Historic Site qui vaut le détour, alors on y va. On trouve là-bas une tranche d’histoire très importante de la Sask, ayant impliquée… des Français! En fait Batoche était le nom de la petite localité fondée en 1872 par les Métis, une communauté amérindienne issue du… métissage (of course!) entre aborigènes et colons français. En 1885, le gouvernement canadien sentant que Batoche cherchait une forme d’indépendance, envoya son armée qui se heurta à la résistance des Métis, menée par leur leader Louis Riel, un Français. Bon au final, les Métis ont perdu la bataille et Riel fut pendu pour traîtrise, mais le site regroupe quelques vestiges de ce qu’était la vie des prairies à l’époque :

Eglise de Batoche

Eglise de Batoche

Notre route continue ensuite en passant par Saskatoon (Ça Cartoon, comme dirait Gertrude 😉 ), la seconde grande ville de la Sask. Pas très intéressante d’ailleurs, et on n’y restera que 24 heures! Ah si, mentionnons une pratique très bizarre au Canada : beaucoup de commerces sont au format Drive, comme Mac Donalds, mais aussi les pharmacies et les banques, où tu retires du pognon comme tu commandes un Big Mac :

100 balles et un Mars s'il vous plaît!

100 balles et un Mars s’il vous plaît!

De retour sur dans la nature, notre chère Van’S file à travers champs en direction d’une splendide réserve ornithologique sur les bords du Last Mountain Lake (la dernière montagne doit d’ailleurs bien dater, à en juger par la « platitude » des alentours!) :

C'est quoi déjà, un embouteillage?

C’est quoi déjà, un embouteillage?

Des oiseaux, il y en a partout en Sask, et c’est peut être la raison pour laquelle on peut lire « Land of living skies » (« terre des cieux vivants ») sur les plaques minéralogiques de la province. On assiste à un véritable ballet aviaire au coucher du soleil :

Faucon à table

Faucon à table

Pélican en vol

Pélican en vol

Retour à la civilisation en arrivant à Moose Jaw, que l’on appelle ici Little Chicago. Pourquoi? Peut-être parce que le fameux Al Capone y a fait transiter son trafic d’alcool de contre-bande durant la Prohibition. On en apprend d’ailleurs un peu plus sur la vie de ce grand gangster en visitant les tunnels de la ville. Tout un réseau souterrain était utilisé à l’époque pour toutes sortes d’activités louches. On découvre d’ailleurs que des travailleurs chinois ont longtemps été exploités comme des rats dans des blanchisseries souterraines tenues par des Blancs peu soucieux du droit du travail :

L'entrée dans les entrailles de la blanchisserie de Burrows & Sons...

L’entrée dans les entrailles de la blanchisserie de Burrows & Sons…

Bref, pas très glorieux tout ça! Donc on continue de rouler pour arriver bientôt à Regina, capitale de la Sask. Bon, une grosse ville avec ses banlieues et ses zones commerciales sans âme, mais on y découvre aussi le Wascana Centre, le plus grand parc urbain d’Amérique du Nord (plus grand que le Central Park de New York!) :

Statue de la Reine Elizabeth venue honorer le     Palais Législatif de la Sask

Statue de la Reine Elizabeth venue honorer le Palais Législatif de la Sask

Le Waterfowl Park, un sanctuaire pour oiseaux locaux, dont les fameuses bernaches canadiennes!

Le Waterfowl Park, un sanctuaire pour oiseaux locaux, dont les fameuses bernaches canadiennes!

Le parc renferme également le Royal Museum of Saskatchewan que l’on met deux jours à visiter tellement ses collections sur la faune / flore et sur les amérindiens locaux sont intéressantes et complètes :

Reconstitution d'un campement de Crees

Reconstitution d’un campement de Crees

On profite d’un beau coucher de soleil (encore un!) sur la ville et d’un marché aux fermiers locaux le lendemain avant que quitter Regina en direction du Manitoba, la province suivante.

On suit les conseils de l’employée du centre d’information des visiteurs de Regina (une Française établie en Sask depuis plus de 8 ans!) : on traverse la Qu’appelle Valley en suivant la Qu’appelle River depuis Fort Qu’appelle… il semblerait que la French Touch soit passée par là!

Ce qu’on retient : ça y est, on est dans les VRAIES prairies, où l’on peut voir l’horizon partout, tout le temps…

Ce qu’on aime : le ciel, les oiseaux, … et les oiseaux encore! C’est magique!

Ce qu’on aime moins : quand t’es pas agriculteur, tu trouves la route vraiment longue, surtout que rien ne ressemble plus à un champ de blé… qu’un autre champ de blé!

Exploit notable : réussir, dans le Prince Albert National Park, à faire au moins 100 mètres sur la rando de la Mud River (ou rivière boueuse) en gardant les chaussures propres et sèches… ah bah non : Benji, tentant de franchir un bourbier sur des rondins de bois, se retrouve les deux pieds dans la vase! On apprendra le lendemain que la piste était en fait fermée pour cause… d’inondation (on aurait du se méfier aussi avec un nom pareil)!

Episode marquant : vous la connaissez l’histoire du pain et des oiseaux? Nous, après l’Australie, on a eu la version canadienne quand un gang de mouettes voraces s’en est pris à notre paquet de pain alors qu’on observait un beau pélican blanc sur un lac du Buffalo Pound Provincial Park. On a sauvé le pain de mie, en chargeant les mouettes, non mais!

Normalement, à ce niveau de l’article, vous devez savoir prononcer correctement le nom de la province : SA-SKA-TCHE-WAN! Bravo : on part ensemble au Manitoba (beaucoup plus simple, non ? 😉 )

L’Alberta des prairies (28 août – 6 septembre 2013)

En quittant les Rocheuses on voit bien le contraste : dans le rétro les dernières grosses montagnes, et devant nous, en route vers Calgary, une vaste étendue plate ! Bienvenue dans ce qu’on appelle au Canada , les Prairies !

C'est plat, non ?

C’est plat, non ?

On arrive donc à Calgary, ville du Stampede (ou Rodéo)! Ici , en Alberta c’est du sérieux, à tel point que cette année, la ville a subi d’énormes inondations en juin et malgré cela, une semaine après se tenait l’événement! Nous, on ne regrette pas de l’avoir loupé, car c’est tout bonnement de la torture animale, on s’en tiendra donc à l’ambiance cowboy!

On visite la ville, dont le plus intéressant se concentre autour de la Stephen Avenue, jolie rue avec ses boutiques, ses buildings, ses parcs, même à l’intérieur des centres commerciaux! C’est ici aussi qu’on offre à Van’S de nouvelles chaussures : on change les pneus arrière, et c’est pas du luxe!

Bref, on n’aime pas trop l’ambiance ici, en plus on se perd tout le temps! Allez Salut, nous on retourne dans la campagne !

Les Devonian Garden, en plein coeur du mall de Calgary ! Pratique quand il pleut...

Les Devonian Garden, en plein coeur du mall de Calgary ! Pratique quand il pleut…

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Bah quoi ? Y’a pas que Van’S qui songe à changer ses chaussures!!!

Downtown Calgary et sa tour qui fait de la musique !

Downtown Calgary et sa tour qui fait de la musique !

On quitte donc la ville direction l’Est pour aller dans un endroit atypique nommé Drumheller. Ici c’est simple : on est accueillis par … des dinosaures! Faut dire c’est pratique pour repérer le Visitor Centre : Un énorme T-Rex le surplombe (il s’agit de la plus grande statue de dinosaure au monde : plus de 26 mètres de haut!)

Denver, c'est toi?

Denver, c’est toi?

On visite les « Badlands » ces formations géologiques au coeur des prairies qu’ont creusé les glaciers de l’époque… glaciaire (perspicace!), du coup ça forme de jolies « hoodoos » ou « cheminées de fées ».  On se laisse porter dans ce magnifique paysage sculpté aussi par l’exploitation minière. On passe du temps (juste 4 heures!) dans le Royal Tyrell Museum qui contient une collection impressionnante et fascinante d’ossements de dinosaures!

Les fameuses hoodoos !

Les fameuses hoodoos !

Un paysage de Badlands!

Un paysage de Badlands!

Un des plus beaux squelettes de T-Rex retrouvé au monde!!!! Wahouuu!

Un des plus beaux squelettes de T-Rex retrouvé au monde!!!! Wahouuu!

Avant de quitter ces jolies terres, on fait un crochet par la plus petite église du monde : 2,13m x 2,13m !

La plus petite église du monde "qui peut contenir plus de 10 000 personnes... mais 6 à la fois"!

La plus petite église du monde « qui peut contenir plus de 10 000 personnes… mais 6 à la fois »!

Retour à la ville, et cette fois à la capitale de la province : Edmonton! On est accueillis par une puanteur de pétrole aux abords de la ville! On est obligés de fermer les fenêtres! Heureusement on se rend compte qu’une fois passée cette « ceinture odorante », la ville est agréable et même plutôt verte : elle contient le réseau de parcs urbains le plus important du pays! On aime bien l’ambiance, ce qui nous change de Calgary, et on flâne le long des rues bassins d’eau publics qui fleurissent un peu partout autour des bâtiments publics et que nos pieds adooooorent! On passe par Old Strathcona, le quartier « historique » de la ville, où l’on peut voir, c’est vrai, quelques bâtiments en briques rouges… On visite également le soi-disant plus grand mall du monde! Alors oui, il contient une patinoire, un parc d’attractions (si si !) et un aqualand affreux où de pauvres otaries font le show… ! Mais franchement, en termes de taille, on a envie de leur dire de passer voir les 4 temps de la Défense! Là on est sérieux! m’enfin ! Allez, il est temps de retourner à la campagne ! 

Des champs de pétrole à l'arrivée sur Edmonton...

Des champs de pétrole à l’arrivée sur Edmonton…

"Le plus grand mall du monde"

« Le plus grand mall du monde »

Old Strathcona : on cherche encore le côté typique...!

Old Strathcona : on cherche encore le côté typique…!

On met le cap sur Elk Island National Park , on veut voir de la faune maintenant!

Et on est servis ! Un castor (enfin!!!!) nous accueille avant d’aller travailler sur son barrage. On profite d’un coucher de soleil magnifique sur le lac Astotin… On observe aussi la faune très variée le long des rives : rats musqués, canards, échassiers, bref ça patauge sévère dans le coin (-coin!)!! Le temps d’une rando et de saluer un des nombreux bisons des forêts présents ici, et on est déjà repartis!

Père Castor raconte-nous une histoire ...!

Père Castor raconte-nous une histoire …!

Lac Astotin, magique !

Lac Astotin, magique !

Non , ce n'est pas un castor, mais un rat musqué qui travaille à sa tanière!

Non , ce n’est pas un castor, mais un rat musqué qui travaille à sa tanière!

Ce qu’on retient : Les paysages extrêmement variés de l’Alberta, des Rocheuses aux Badlands, en passant par les Prairies, sans oublier les grandes villes! Bref, on s’ennuie pas ici !

Ce qu’on aime : L’ambiance de la ville d’Edmonton, c’est la première grande ville où on s’est vraiment bien sentis… Le prix si bas de l’essence : 1,13$ le litre, soit 0,82€!

Ce qu’on aime moins : On veut visiter le Fort d’Edmonton mais on est le 3 septembre! Et alors? Bah alors c’est la rentrée des classes, et du coup c’est fermé! Malheureusement c’est le début de plusieurs autres déconvenues du genre… ! Apparemment le tourisme hors-saison, ils ne connaissent pas trop dans le coin!

Exploit notable : Arriver à visiter Calgary à sec alors que deux mois auparavant, les inondations atteignaient le centre ville! C’est assez impressionnant de voir qu’il n’en reste aucune trace, à part peut-être quelques routes secondaires fermées car en cours de reconstruction.

Episode marquant : Mais KE-WUAH ???!!! – Frein à main sur la highway entre Edmonton et Elk Island : on y est !!! Oui, ça y’est, on a atteint les 10 000 km de roadtrip ! Pour vous donner une idée, ça représente la distance entre Rome et Singapour !!! Pas mal non ?

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10 000 bornes, ça vaut bien une photo non?

Et voilà, on quitte l’Alberta pour la Saskatchewan ! Vous pourrez lire l’article suivant quand vous arriverez à le prononcer correctement  (vous avez le droit à plusieurs essais ! 😉 )

Rock in the Rockies! (20 août – 28 août 2013)

Les Rocheuses Canadiennes, c’est un peu comme une cerise sur le gâteau de notre voyage… amazing! On attaque ici la visite d’une des destinations les plus prisées au Canada : l’ensemble des 4 parcs nationaux formant les Rocheuses, à savoir Jasper, Banff, Kootenay et Yoho National Parks.

JASPER NATIONAL PARK

Dès l’entrée au Jasper National Park, on comprend qu’on va en prendre plein la vue pendant les prochains jours de notre voyage! Des montagnes de fou se dressent un peu partout, couvertes de sapins et ornées de magnifiques lacs plus bleus les uns que les autres. On dédie notre premier shooting photos à la montagne de Pocahontas (oui, oui, comme chez Disney!) :

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La montagne Pocahontas, qui reprend la forme du visage de la fameuse Indienne!

On n’a pas fait plus de 10 bornes dans le parc qu’on croise déjà la route des habitués du coin :

Un ours noir traverse, à deux pas d'un camping!

Un ours noir traverse, à deux pas d’un camping!

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Un white-tailed deer dérangé dans son broutage de hautes herbes!

On emprunte une route en pleine forêt qui nous amène aux Miette Hot Springs, des eaux thermales sortant de terre à 50°C et arrivant à 40°C dans une piscine nettement moins naturelle que les Liard Hot Springs (cf. article précédent). Du coup, on repart déçus et sous une pluie battante (qui, elle, n’est pas à 40°C!).

On arrive ensuite dans le petit village de Jasper, principale localité du parc, essentiellement composée d’hôtels, restaurants et boutiques de souvenirs. Bref le bled ne présente pas de réel intérêt, à moins d’en sortir un peu pour apprécier un petit déjeuner sur la plage de Pyramid Lake, à côté de sa petite sœur, Patricia Lake :

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Patricia Lake.

Les randos du coin sont toutes plus belles les unes que les autres. On commence par visiter le Maligne Canyon qui s’étend sur plusieurs kilomètres de beauté sauvage :

Maligne Canyon.

Maligne Canyon.

Un peu plus loin, on découvre le très bleu Maligne Lake et, un peu moins connu, le très sauvage Moose Lake (où l’on aura malheureusement pas la chance de voir de moose (orignal) mais une belle martre d’Amérique!). En fait, des lacs, on va en voir une flopée, surtout lors d’une rando dans la vallée des 5 lacs, où l’on a fini par se demander ce qu’ils utilisaient comme produits chimiques pour obtenir ces couleurs de dingue :

Incroyables ces couleurs, non?

Incroyables ces couleurs, non?

La Yellowhead Highway, par laquelle nous sommes entrés dans le National Park, se transforme bientôt en Icefields Parkway (Promenade des Glaciers), qui porte plutôt bien son nom! Outre quelques chutes d’eau qui valent le détour (Athabasca Falls, Sunwapta Falls), la route se retrouve bientôt entourée de montagnes géantes surmontées de glaciers encore intacts, même en plein été :

Notre chère Van'S commence à avoir sérieusement froid aux pneus!

Notre chère Van’S commence à avoir sérieusement froid aux pneus!

C’est en passant le Columbia Icefield que nous entrons dans le Banff National Park.

BANFF NATIONAL PARK

Nous apprendrons très vite qu’il s’agit du tout premier parc national à avoir été crée par le gouvernement canadien en 1885… et probablement le plus populaire du pays! On commence l’exploration de ce parc par… un lac, encore!

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Peyto Lake au petit matin!

Ce matin-là, le petit déj’ sera servi avec vue sur Bow Lake :

Lac Bow et glacier Bow... que c'est beau!

Lac Bow et glacier Bow… que c’est beau!

Retour à la « civilisation » en passant par Lake Louise village, guère plus intéressant que Jasper. Du coup, on retourne vite dans la forêt, sur une route qui nous emmène à l’un des lacs les plus beaux (et fréquentés) du coin : Moraine Lake. Le lac est d’ailleurs tellement idyllique que nous décidons de le visiter… en canoë! :

Allez, rame maintenant!

Allez, rame maintenant!

Moraine Lake, son eau couleur piscine et ses 10 pics tout autour!

Moraine Lake, son eau couleur piscine et ses 10 pics tout autour!

On profite d’une ascension jusqu’à un point de vue sur le lac pour faire connaissance avec la faune locale : le spermophile (bah oui le pauvre, il n’a pas choisi son nom…) :

Non mais, faut pas se gêner!

Non mais, faut pas se gêner!

Le lendemain, on va faire un tour au Louise Lake, qui ne nous propose malheureusement pas les mêmes couleurs à cause d’un ciel chargé de gros nuages blancs. Pas de problème, on se dit qu’on en profitera peut-être mieux en prenant de la hauteur. C’est ainsi qu’on entreprend une rando assez abrupte (485 mètres de dénivelé!) jusqu’à Agnès Lake. Un salon de thé installé sur les rives du lac sert l’eau chaude la plus chère du monde (bah oui, les fournisseurs doivent se taper plus de 3,5 km de randonnée en montée pour approvisionner l’établissement en thés et autres douceurs!). Au final on obtient une belle photo de Louise Lake depuis le promontoire de Little Beehive, à 2 270 mètres d’altitude :

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Louise Lake sous les nuages et son Fairmont Hotel de luxe… mais très moche (à gauche)!

Le temps de redescendre de notre montagne et nous voilà en route pour le Yoho National Park.

YOHO NATIONAL PARK

Moins connu que ses deux voisins Jasper et Banff, le Yoho National Park est pourtant tout aussi impressionnant, on en veut pour preuve les Takakkaw Falls que nous découvrons très rapidement au détour d’une route panoramique le long de la Kicking Horse River :

Les Takakkaw Falls et leurs 254 mètres de pluies torrentielles!

Les Takakkaw Falls et leurs 254 mètres de pluies torrentielles!

Autre curiosité du parc : les Spiral Tunnels, un système ferroviaire complexe construit par des ingénieurs suisses qui permet aux trains de marchandises de monter plus facilement dans les montagnes, en passant à travers la roche… du coup, on voit l’avant du train s’engouffrer dans le tunnel et en ressortir quelques secondes plus tard un peu plus haut, alors même que l’arrière du convoi n’est pas encore entré dans le tunnel… bref, un peu complexe!

Mais l’attrait principal du parc (c’est d’ailleurs là qu’on trouve le plus de japonnais ;), c’est bien sur le paisible et somptueux Emerald Lake qui fait le bonheur (et la fortune!) des vendeurs de cartes postales :

Un petit tour en canoë sur Emerald Lake?

Un petit tour en canoë sur Emerald Lake?

Finalement, le parc n’est pas si grand que ça et nous arrivons vite à la sortie. On se retrouve alors en Colombie Britannique (et oui, encore!), dans la petite ville de Golden. Ce n’est pas vraiment pour son (manque d’) intérêt touristique que nous atterrissons ici, mais surtout pour découvrir le Northern Light Wolf Centre qui se veut un refuge éducatif pour les pauvres loups de la région. Ici, on apprend comment le loup est sévèrement traqué par l’homme (parfois par hélicoptère et fusil à lunette pffff!) alors même qu’il est un élément fondamental de l’écosystème des forêts, et donc un atout clé pour le succès touristique des parcs nationaux. Mais bon, en BC, on paye 350$ à quiconque ramène aux autorités la peau d’un loup… Bref beaucoup de méprise et de méconnaissance à propos de cet animal fascinant, que nous ne nous lassons pas d’observer :

Loup, y es-tu?

Loup, y es-tu?

On ne reste pas bien longtemps en BC et on file à l’entrée sud du prochain et dernier parc : le Kootenay National Park.

KOOTENAY NATIONAL PARK

Le point d’entrée de ce petit parc, ce sont les Radium Hot Springs qui, en plus d’être affreusement bitumées, contiennent… du radium (même en faible quantité, ça ne rassure pas tant que ça!).

Du coup, on traverse le parc assez rapidement, d’autant plus que les deux attractions principales sont fermées : les Paint Pots à cause d’un pont cassé, et Marble Canyon à cause d’un grizzli qui squatte le parking bien installé sur le cadavre d’un wapiti qu’il déguste sans partage…

Heureusement, la route est toujours aussi belle, et nous nous arretons pour profiter de délicieux spots comme cette rivière sauvage :

C'est beau... mais c'est froid!

C’est beau… mais c’est froid!

Le truc marquant de ce parc, ce n’est pas dans la nature qu’on le trouvera… mais sur le parking d’une rando! Alors qu’on engage notre chère Van’S sur ce fameux parking, on remarque un campervan qui nous interpelle : massif et au couleur des années 70, plaqué au Québéc… ce ne serait pas celui de Céline et Nico? Et bien si puisqu’on ne tarde pas à les retrouver, de retour d’une rando. Pour préciser, Céline et Nico sont un couple de Français que Benji avait rencontré lors de son voyage en Australie en 2010! Le monde est vraiment petit, décidément!

Du coup on passe les deux ou trois jours suivants ensemble, à discuter de l’Australie, du Canada, de la France. On repasse très rapidement dans le Banff National Park.

BANFF NATIONAL PARK

On entreprend aussi une sacrée longue randonnée (une douzaine de km!) au coeur du profond Johnston Canyon et jusqu’aux mystérieuses Ink Pots, ces bassins naturels tapissés d’ocre et remplis d’une eau limpide et pleine de vie :

L'imposante Castle Mountain!

L’imposante Castle Mountain!

Johnston Canyon.

Johnston Canyon.

Céline et Nico, serial globe-trotters!

Céline et Nico, serial globe-trotters!

Ink Pots.

Ink Pots.

A cours de vivres, nous sommes forcés de retourner à la civilisation et passons quelques jours dans la ville de Banff, là où tout à commencé pour Parks Canada. En effet, c’est sur le site de Cave & Basin National Historic Site, en périphérie de la ville, qu’a été fondé le tout premier parc national du Canada. Il s’agit en fait d’une piscine naturelle souterraine d’eaux thermales, découverte en 1875 par trois chemineaux de la Canadian Pacific Railway, puis réappropriée par le gouvernement canadien en 1885 pour devenir un site touristique :

La fameuse piscine d'eaux sulfureuses, haut lieu traditionnel des Amérindiens...

La fameuse piscine d’eaux sulfureuses, haut lieu traditionnel des Amérindiens…

Au final, nos chemins se séparent à Banff : Céline et Nico filent en direction du sud de l’Alberta, et nous continuons notre route en direction de Calgary. Et oui, les Rockies, c’est fini… place aux Prairies!

Ce qu’on en retient : probablement l’une des meilleurs parties de notre roadtrip, le wild canadien dans toute sa démesure, pas mal de wildlife : ours noirs, coyotes, wapitis, écureuils, daims, etc.

Ce qu’on aime : le bleu des lacs, le vert des arbres, le blanc des glaciers… bref la Nature!

Ce qu’on aime moins :

– les cars de touristes dans tous les sens, parfois irrespectueux et bruyants, qui gâchent un peu la beauté des lieux!

– découvrir l’envers du décor sur le chapitre du soit-disant respect des canadiens pour l’environnement : des exploitations pétrolières en plein cœur de parcs a priori protégés, une gestion aberrante de la faune (surtout des loups), un budget en constante restriction pour les rangers des parcs nationaux, etc.

Exploit notable : Gertrude trouve le moyen de se faire mordre par… un spermophile, oui madame! Un cousin américain de l’écureuil avec lequel on a un peu trop joué, en oubliant la règle de base en milieu sauvage : ne jamais, JAMAIS, nourrir la faune sauvage (même s’il s’agit de Tic et Tac!)

Episode marquant : Benji, en pleine crise d’écologie aiguë, parvient à remplir un sac plastique complet de détritus (bouteilles plastiques, emballages de snacks, couches de bébé usées, sacs à crottes de chien pleins, etc.) ramassés tout au long de la rando pourtant magnifique des Ink Pots. Le pire, c’est quand tu ramènes le sac aux rangers du parc, et qu’ils te répondent que c’est la faute des touristes venant des pays sous développés (Inde, Chine, etc.) et qui n’ont pas la culture de la propreté comme au Canada… no comment!

In between Yukon and Rockies (13 août – 20 août 2013)

Nous voilà Revenus en British Colombia (BC). On est en route pour les Rocheuses, bien décidés à arriver vite! Mais avant ça on traverse le Nord BC et on aimerait peut-être s’arrêter pour travailler à Grande Prairie : on nous a vanté de bons salaires en Alberta , alors pourquoi pas?

En route!

On commence bien notre soirée : au programme bisons, ours noirs et sources thermales aux Liard River Hot Springs! Trop bon : l’eau coule entre 42 et 52°C, on est bien quoi ! En plus l’endroit est peu aménagé avec une terrasse en bois, donc on profite vraiment du cadre encore sauvage !

OK ! On est prévenus....

OK ! On est prévenus….

Bonjour Madame Bison!

Bonjour Madame Bison!

Ouais des ours après les bisons !

Ouais des ours après les bisons !

Un petit bain au coucher du soleil?

Un petit bain au coucher du soleil?

Liard River , elle aussi elle est à 40°C!

Liard River , elle aussi elle est à 40°C!

Source thermale,  on arriiiiiiiiive !!!!!

Source thermale, on arriiiiiiiiive !!!!!

On reprend la route même si on se serait bien installés DANS les sources chaudes pour quelques jours! On traverse alors 2 parcs provinciaux magnifiques : Le Muncho Lake et le Stone Mountain. Les nombreuses constructions sur la route nous donnent le temps d’observer les paysages et de nous balader! On croise un peu de wildlife et on mange quelques berries au passage (ouais à force de regarder les ours, on s’est dit « pourquoi pas nous? ») .

Y’a du monde par ici ! Salut les chèvres!

Like a rolling Stone .... Mountain Provincial Park

Like a rolling Stone …. Mountain Provincial Park

Petite trail au dessus de la Tetsa River!

Petite trail au dessus de la Tetsa River!

Attention risque de chute de Pierre!

Attention risque de chute de Pierre!

Sur la route de Muncho Lake Provincial Park : du bleu , du lac, mais c’est quoi « muncho »?

On enchaîne de Fort Nelson à Dawson Creek car il n’y a pas grand chose à voir entre les 2!  On s’arrête ici car à Dawson Creek c’est là que commence officiellement l’Alaska Highway ! Bon , nous on n’a pas vraiment (du tout même!) commencé par là mais au moins, comme dit un de nos autocollants : « I did the Alaska Highway and survived » !

Ouais, bah  nous on va de l'autre côté !

Ouais, bah nous on va de l’autre côté !

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We did it !

On fait tout à l'envers quoi , le mile "0" c'est ici ...!

On fait tout à l’envers quoi , le mile « 0 » c’est ici …!

Grande Prairie ! Ah ouais , ça porte bien son nom ! C’est ..plat et…grand ! On décide de tenter notre chance on passe donc notre temps partagés entre le Visitor Centre pour internet et les impressions de CV, les bars locaux et le big centre aquatique du coin ! On se rend vite compte que la ville ne nous plaît pas (d’ailleurs on n’en a aucune photo , désolés!) et que les salaires ne sont pas si mirobolants, à part bien sûr si vous décidez de travailler dans les champs … de pétrole ! NON MERCI , même si c’est 30$ de l’heure entrée de gamme ! le temps d’un ciné et son pop-corn sur-beurré et au revoir Grande Prairie!

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Spécial cace-dédi au VIC de Grande Prairie!

East Link Center : que d'eau pour nous tous seuls!

East Link Center : que d’eau pour nous (presque) tous seuls!

Direction les Rocheuses on a dit ! Oui mais en route on s’arrête entre Grande Cache et Hinton au William A. Switzer Provincial Park pour profiter des paysages qui annoncent les Rocheuses  : lacs magnifiques, on en profite dès le petit-dej!

Y'en a partout de ces saloperies! Mais c'est comme ça qu'on fait la vaisselle ! Pouce s'abstenir....

Y’en a partout de ces saloperies! Mais c’est comme ça qu’on fait la vaisselle ! Pouce s’abstenir….

Oh ! un rainbow!

Oh ! un rainbow!

Petit déjeuner sur Jarvis Lake, du côté de Hinton.

Petit déjeuner sur Jarvis Lake, du côté de Hinton.

Ce qu’on en retient : Ça c’est une véritable « scenic route » comme ils disent ici ! Surtout quand on traverse les Provincial Parks!

Ce qu’on aime : Les Liard Hot Springs !! OF COURSE !!! c’est même certainement ce qu’on a préféré !

Ce qu’on aime moins : Louper les castors du Beaver Lake à Hinton… bah oui , ils ne se réveillent qu’à 7 heures du soir, et nous on est arrivés le matin ! ZUT !

Exploit notable : Cuisiner des pâtes à la bolognese au milieu de nulle part, alors qu’il se met à pleuvoir des cordes! Remballer en plein milieu, trouver un abri, finir les pâtes et se régaler quand même !! mmmmh trop bonnes les bolos de Gertrude !

Episode marquant : se retrouver au beau milieu d’un troupeau (oui oui au moins 40-50 têtes cornues) de bisons sauvages, et se demander si le gros là , à moins d’un mètre de Vans’S, si le fait qu’il se mette à respirer très fort en nous regardant ça veut dire « Salut les gars! Soyez les bienvenus parmi nous!! »… NON, mais au moins , il s’est calmé , et il ne nous a pas chargés… Merci mec!

 Et voilà ! les Rockies sont à portée de roues maintenant ! Depuis le temps qu’on attend ça !